Je n’ai pas eu le temps de faire mon retour sur le congrès aussi tôt que prévu (est-ce que c’est vraiment une question de temps ? je dirais plutôt que je gère mal mon temps en ce moment…) mais bon … mieux vaut tard que jamais. Le congrès national ISF était une rencontre de 4 jours entre les délégations de toutes les sections canadiennes de l’organisation, à Montréal. 700 étudiants passionnés par le développement international qui veulent commencer à faire une différence et qui font une différence maintenant, non pas dans 5-6-10 ans.
On avait droit à une programmation bien garnie d’ateliers de formation et de panels sur différents enjeux, différents points de croissance personnelle … le tout agrémenté d’une tonne de conférenciers tous plus intéressants les uns que les autres ;0) (Ralph Nader, Bob Rae, des auteurs et plusieurs ex-représentants de l’ACDI qui nous ont offert une version assez critique merci de l’Agence canadienne de développement international) J’ai participé à des ateliers sur le concept de chaine d’impact, sur la vulnérabilité des communautés face aux changements climatiques (en quoi est-ce que les petites communautés des pays en voie de développement sont directement affectées), sur l’extraction de ressource en Afrique et les conséquences sociales/économiques/environnementales de cette extraction, sur la responsabilité corporative (CSR: Corporate Social Responsibility), sur les stages outremer, sur le leadership, et j’en oublie plusieurs !
En plus d’avoir rencontré des gens extraordinaires de partout à travers le Canada, après ces 4 jours, j’avais une idée beaucoup plus claire de pourquoi mettre du temps et de l’effort dans l’organisation comme je le fais présentement. Lorsque j’ai commencé à m’impliquer avec ISF cet automne, je me lançais tête baissée dans tout ça, sans trop savoir pourquoi mais tout en sachant que je ressentais le besoin de le faire. Pour quantifier, mettre des chiffres sur tout ça (ingénieur eh .. haha), je dirais que mes motivations étaient de niveau 1; je voulais faire quelque chose de mon temps, rencontrer des gens qui avaient des intérêts similaires et progresser au sein d’une organisation à l’université. Au fil des mois, j’ai facilement rempli chacun de ces objectifs, assez superficiels je l’avoue mais il faut bien commencer quelque part ! Toutefois, la motivation commençait à manquer un petit peu vers la fin de la session (c’est pas pour rien j’imagine que le congrès est au début de la session hiver …!). C’est durant la conférence que j’ai eu l’impression de passer faire un saut au niveau 2: plusieurs éléments de réponses ont pris leur place dans ma tête, un peu comme les pièces d’un casse-tête.
J’ai compris, et je me suis surtout rappelé, la raison pour laquelle j’étudie en génie des eaux et l’intérêt tout particulier de travailler avec une organisation comme Ingénieurs sans frontières. Depuis mon retour de Jeunesse Canada Monde, j’ai ce petit besoin de repartir, pas nécessairement immédiatement mais plutôt après mes études, pour faire ma part sur l’autre continent. J’ai la chance d’être un garçon intelligent, mais surtout d’être né au Canada et dans une bonne famille. J’ai la chance d’avoir accès à une éducation supérieure pour pratiquement rien comparativement à ce que mes amis au Kenya devraient déployer comme efforts pour devenir ingénieurs (on parle d’une tâche presque insurmontable). Ce que je vois ressortir de cette situation, c’est une certaine responsabilité que j’ai envers tous ceux qui désiraient obtenir l’éducation à laquelle j’ai droit mais qui n’en ont pas la chance. Ce que je vois ressortir de cette situation, c’est un devoir de mettre les connaissances que je vais obtenir (et que je suis en train d’obtenir) au service de ceux qui ont le plus besoin. Il s’agit d’une responsabilité que je suis tout à fait prêt à accepter, et je veux mettre tous mes efforts dans cet objectif. C’est à travers une implication active avec une organisation comme Ingénieurs sans frontières que je peux faciliter la transition entre des études en génie et une carrière dans le domaine du développement humain/international de la manière la plus simple. Je vais probablement avoir la chance de partir en stage l’année prochaine ou l’année qui va suivre, et avoir un DÉBUT d’idée de ma valeur sur le terrain en tant que travailleur de développement. Il s’agit d’un moment auquel j’ai extrêmement hâte, et je met énormément d’efforts dans cette direction (quand c’est rendu que le livre sur ta table de chevet, c’est un recueil d’études de cas d’implantation de systèmes de gestion communautaire de distribution d’eau en milieu rural, c’est que t’es accro ;0) J’essaie de me préparer du mieux que je peux en améliorant ma compréhension des enjeux auxquels je vais faire face.
Voilà ce que à quoi je pense maintenant, lorsque je commence à travailler sur un nouveau projet pour ISF ou lorsque j’effectue tel nombre d’heures de travail bénévolement pour le financement de la section. Et voilà également à quoi je pense quand je passe à travers mes heures d’études de mécanique des fluides, d’hydrogéologie ou encore de chimie des eaux ;0) Tout ça me motive extrêmement dans mes études, parce que j’ai le sentiment de savoir pourquoi je travaille et où est-ce que je veux aller avec tout ça. C’est un super sentiment.
Bon, c’est probablement pas aussi détaillé que je l’aurais espéré, c’est toujours un petit peu difficile de mettre des pensées comme celles-là sur papier (virtuel, on s’entend!). Reste à voir ce que je vais penser de tout ça dans 3 ans quand je vais sortir des bancs d’école … ça va être ca, le gros test !
Je dois aussi avouer que ce genre de motivation prend tout son sens lorsque je vois évoluer la situation politique au Kenya. Certains pourraient voir ce début de guerre civile comme un échec de tout le travail qui a été fait dans le pays par des gens comme mes amis de chez KENVO, je préfère plutôt le voir comme une raison de plus de continuer à travailler pour réduire la pauvreté extrême. Un jour ….
Beau texte effectivement ;0). Ça va etre chouette de le relire dans quelques années histoire de voir si les objectifs que tu as pas rapport à ton futur vont avoir été atteint hehe ;0)!
Lâche pas let’s go les fluides lol.